« L’AIMSIB, faisceau de lumière dans ce monde de menteur », nous précisons que c’est bien l’auteur lui-même qui a payé sa cotisation et qui publie une aussi belle phrase! Le Docteur Jean-Pierre Poinsignon est rhumatologue, très clairvoyant certes mais abominablement chatouilleux sur les principes de l’éthique et de la sincérité médicale. Le sujet de l’ostéoporose tout particulièrement le rend vindicatif depuis de longues années, qu’a-t-il à redire à une maladie si universellement partagée hélas? Bonne lecture.

 

Entre , l’ivresse « onaniste » de l’État français, Léviathan omnipotent, qui emploie toute son énergie coercitive « pour notre Bien » ;  les cupidités sans limite de « Big Pharma » et de l’Industrie Agroalimentaire ; la crédulité niaise de bon élève du Corps médical  envers ses Maîtres à penser devenus bouffis de « conflits d’intérêts » et enfin, la candeur naïve de trop nombreux patients consommateurs passifs de soins, ma  place sociétale de Médecin rhumatologue libéral est très mince et me semble de plus en plus étriquée. Ceci ne m’empêche pas, de me battre avec ma prose critique, confiée ce jour à l’AIMSIB : faisceau de Lumière dans ce Monde de menteurs !

L’ostéoporose, que comprendre?

Le sujet est constitué de quelques réflexions autour de l’ « Ostéoporose  post ménopausique  ou d’involution »,  placée sur le podium des maladies fabriquées (disease mongering) au titre de la belle Prévention, démagogique. Les apparences sont magnifiques… les néo-tartuffes sont des esthètes malins.

Les Ostéoporoses d’autres étiologies sont hors de ce propos. En préambule,  je fais un résumé, pour éviter les interprétations fâcheuses des « intellectuels » myopes et  / ou formatés :

Je ne prétends pas que l’ostéoporose n’existe pas, je dis simplement que l’on majore un risque civilisationnel à l’aide de normes de densités dont  les conclusions intuitives sont scientifiquement inexactes afin de transformer ce risque en maladie ce qui nécessite urgemment des « traitements » la plupart  du temps inutiles, inopérants et surtout dangereux… Par esprit de lucre. Le Marché ciblé est constitué par la moitié féminine  de l’Humanité. Il n’existe pas de « complot », il y a une erreur scientifique qui rapporte beaucoup d’argent. C’est tout.

Définition (racoleuse) de l’ostéoporose énoncée par l’ « Organisation Mondiale de la Santé » (OMS) :
« L’ostéoporose  est  une maladie généralisée du squelette caractérisée par une densité osseuse basse et des altérations de la micro-architecture osseuse, responsable d’une fragilité osseuse « exagérée»,« et donc » d’un risque « élevé » de fractures. »

Où  a-t-on vu  une définition  aussi peu scientifique,  qui fait sourire n’importe quel ingénieur, formé lui, avec une assise solide  autour de  « Sciences dures» ?

Qu’est-ce que c’est que cette densité osseuse avec un T-score, qui compare, à l’aide de statistiques torturées, la densité de l’os sur deux ou trois sites d’une femme de 55 ans à celle d’une jeune nord-américaine de 25 ans et qui par un diktat intéressé,  établit  une norme universelle  de « -2,5 écarts type » par rapport à la moyenne ?

Norme établie dans une salle de réunion surchauffée  un jour de Juin 1992 où des « experts » fatigués et  appointés par les fabricants de pilules en avaient assez  de discutailler des statistiques et parce qu’il fallait bien prendre une décision,  puisqu’« on » les avait réuni  pour ce faire.

Le Z-score, qui lui compare la densité mesurée de ladite femme de 55 ans par rapport à son groupe d’âges, n’a pas été retenue…. Car cela ne « détectait » (produisait !) pas assez de malades.

Qui a réellement décrété que c’était une « maladie »  et pas simplement une manifestation du vieillissement humain, qui peut également atteindre bien entendu l’Homo Sapiens mâle un peu plus tard ? Est-ce que le terme «exagéré» est un terme scientifique ?  Les deux conjonctions «et donc» ne nous prennent-elles pas par la main pour le raisonnement  dirigé et pré-mâché vers le risque « élevé » (terme également très scientifique) de fractures…. ?

Ce n’est plus le médecin qui établi le diagnostic par une méthodologie rationnelle, prudente de diagnostic positif, différentiel, étiologique ; c’est  la machine  statistique,  habilement paramétrée par les statisticiens de Big Pharma, qui établit le diagnostic sans aucune discussion :

La Science  et  le  Rayon X, l’absorptiométrie  bi-photonique « ont dit que»,  point final.

(Avec un seul photon aurait-on pu discuter ?)

Les  « bandits manchots » des casinos sont également paramétrés pour  produire un certain nombre de gagnant par nombre de coups joués. Lorsqu’un  nouveau casino est implanté… On règle la machine pour que le « Hasard » soit  très généreux au début. Après quelques mois de fonctionnement  la machine dégage beaucoup de bénéfices, avec un nouveau réglage adapté.

Avec l’esprit « scientifique », qui caractérise désormais « l’obligée » OMS et ses généreux sponsors, pour le Bien de l’Humanité, bien sûr,  je me suis amusé à proposer une définition parodique  de la Vie.

La Vie est une maladie caractérisée par une lente dégradation chronique de tous les systèmes vitaux, responsable d’une fragilisation exagérée de l’ensemble des systèmes cellulaires, et donc,  d’un risque  élevé de… mort.

Et bien oui, dès que l’on est né, l’on est un mort en sursis !

Avec cette définition, l’on peut prévoir l’absence définitive de chômage médical chez les descendants du Dr Knock.

La question de la densité osseuse

Les femmes arrivent très  angoissées dans mon cabinet  devant le risque de fractures imminentes programmées par les résultats du densitomètre (densitomaître ?).  Le « T score » est « normé » pour revenir pathologique trois fois sur quatre.

Statistiques personnelles, sur mon propre densitomètre, sur lequel  j’ai constaté les « discordances radio-cliniques prévisionnelles », à savoir, des femmes qui avaient un « très mauvais T-score » et qui ne présentaient aucun tassement vertébral ni de fractures « majeures » et d’autres femmes  qui présentaient des fractures osseuses après un traumatisme, sans « ostéoporose OMS », sur une durée  de plus de quinze ans d’observations.

Ces discordances très gênantes m’ont  permises  de prendre conscience, peu à peu, de ma complicité naïve à  une grosse arnaque et surtout de regagner le libre chemin de ma rationalité scientifique.

La gravité prévisionnelle statistique fracturaire du T-score est généralement « appuyée » très fortement, par le médecin « densitomaîtrelogue », lors de sa consultation. Celui-ci ne  manque pas l’occasion d’utiliser son nouveau « Pouvoir prédictif »  menaçant, conforté par la bonne conscience de la prévention (anxiogène), qu’il met en place quant à l’avenir fracturaire de la femme ménopausée. Sûrement, pour cimenter une bonne observance médicamenteuse de la pauvre femme, désormais atteinte, pendant plusieurs années ; elle qui descend de l’appareil  » mesureur  » abasourdie d’apprendre sa maladie insidieuse, avec un os complètement « poreux » voire « mité », qui ne fait même pas mal.

La Densité est une mesure de Sciences Physique : c’est un rapport (une fraction) entre la Masse de matière en numérateur  sur le Volume  de cette même  matière, en dénominateur, autrement dit : la « masse volumique », nommée par la lettre grecque : rho (ρ), le tout, sur le référentiel de masse volumique de l’eau, c’est-à-dire : un, pour les solides. La masse volumique s’exprime en gramme par centimètre cube ou  en kilogramme par décimètre cube ou  en tonne par mètre cube.

Généralement,  la densité est donnée en kilogramme par mètre cube. Pour les gaz, le référentiel de masse volumique de comparaison est l’air. La densité est un rapport et n’a, en fait, aucune unité de mesure propre. La densité du plomb est : 11,3. La densité de l’or est : 19,3.     Le fer : 7,9. La densité du bois est variable selon les essences : le buis : 1,32. L’ébène : 1,16. Le sapin : 0,45. Le liège : 0,24. Le verre de vitre : 2,53.

En gros, pour simplifier la compréhension : Si la densité est supérieure à un, ça coule dans l’eau ; et si la densité est inférieure à un : ça flotte sur l’eau.

Pour aller au fond des choses, puisque l’on a parlé de masse volumique, je reviens sur la notion de Masse. La notion de Volume est plus simple à comprendre.

La Masse est une notion qui n’est pas si facile que cela à appréhender. La plupart des gens confond le Poids et la Masse, ayant oublié que le poids de quelque chose est une force variable, et que la masse de quelque chose est une grandeur  fixe. Le poids et la masse sont liés par la relation célèbre : P=M.g , le Poids est égal à la Masse multipliée par la pesanteur : g.

Le kilogramme-poids de pommes de terre que vous achetez dans une station balnéaire, au niveau de la mer, n’aura pas le même poids, si vous le pesez (quelle idée !) au sommet du Mont-Blanc : résultat légèrement moins de  mille grammes…979 grammes,   alors que la Masse de pommes de terre n’aura pas changé. De plus, pour semer la confusion générale, l’unité de Masse est le Kilogramme (kg). L’unité de Poids  est le Newton (N), qui mesure la force d’attraction d’un astre sur un corps : la pesanteur g (g comme gravité). Mon épicier me prendrait encore plus pour un dérangé, si je lui demandai : « Vendez moi 9,81 Newtons de pommes de terre, s’il vous plaît ». La plupart des médecins ont oublié le cours de physique de troisième du collège : « Poids, Masse, Pesanteur, Densité »…

Surtout,  lorsque la « machine » de densité osseuse leur offre sur un plateau des grammes par centimètre carré. Tout faux !…c’était  centimètre cube…même l’unité de leur densitomètre est falsifiée.

Dans mon cabinet médical pour tenter d’expliquer  ces notions à mes patientes,  je dispose d’un petit tube creux en carton blanc, de la même forme et de la même taille qu’une craie d’institutrice, avec laquelle celle-ci écrivait sur le tableau noir. Je pose la question à ma patiente : si je laisse tomber une craie sur le sol dur, que se passe-t-il ? Si je laisse tomber sur le même sol, ce petit tube en carton, que se passe-t-il ? Or la densité de la craie est  bien supérieure à la densité de ce petit tube en carton… qui ne casse pas…J’essaye, en tout cas, d’enlever  l’emprise pseudo-scientifique et  la malédiction du densitomètre, du cerveau de ces victimes de la communication trompeuse de  Big business.

Densité et solidité osseuse, l’amalgame lucratif des sciences médicales en rhumatologie

Pour comprendre il m’a fallu aller chercher et travailler  sur des programmes dédiés aux grandes écoles d’ingénieurs, (Mines, Ponts et chaussées, Polytechnique, etc…) sur les enseignements des résistances et solidités des matériaux : poutres de béton, poutrelles métalliques, matériaux composites, tiges et tubes de toutes sections, etc. pour confirmer mes observations empiriques. Attention, c’est énorme, allez vérifier vous même :

Il  n’existe aucune corrélation (en physique des matériaux) entre la densité des matériaux et  la solidité de ceux-ci…

Les sciences dures  ont conforté mes observations et  m’ont rassuré  sur mon équilibre mental d’un naturel critique, soit, mais nullement paranoïaque à la recherche d’une quelconque « théorie du complot». Sain de Corps et d’Esprit, j’essaye simplement  de pratiquer une Médecine scientifique sans succomber à un formatage pour perroquets décérébrés, fût-il à la mode dominante.

Dans ces programmes d’ingénieurs qui construisent des tours de plus de  cent  étages, des ponts long de centaines de mètres, etc… il est question de « contraintes critiques », de « moments de torsion », « d’équation de déformation », de « torseur de cohésion », de « module d’élasticité d’ Young (MPa) », d’études du « flambement », de « sections et de formes en H des poutrelles » « de poutrelles en I à Profil Normal (IPN) avec les abaques de charges tolérées correspondantes aux dimensions »,  j’y ai appris entre autres , que «  les aciers doux et mi-durs ont la même résistance élastique en traction et en compression » et même que « le béton et la fonte ont des résistances élastiques très différentes en traction et en compression, ainsi que tous les matériaux non homogènes et non isotropes ». J’ai arrêté mes recherches aux « structures composites », aux « matériaux anisotropes et orthotropes », à la « loi de Hooke » et à « la théorie des plaques stratifiées de Love-Kirchhoff », sans trouver la moindre trace de densité !

Dans les différentes équations de ces programmes, qui je le rappelle  avaient  pour objet la résistance des matériaux, à aucun moment, je n’ai vu apparaître le terme de « densité » des matériaux, même comme cofacteurs accessoires ou très accessoires.

On peut empiriquement  comprendre aisément qu’une baguette en verre  se casse plus facilement qu’une baguette en bois de la même taille, même section, lors d’une chute, or le verre est plus dense que le bois ; une casserole ou une cocotte en fonte, alliage de carbone et de fer, se casse également, avec une simple chute sur un sol dur, malgré la densité élevée.

Dès ce moment-là, j’ai réalisé que le densitomètre m’avait pris pour un prescripteur  idiot… et comme, je ne suis pas moins susceptible que tout un chacun, je dois avouer que je lui en ai voulu… ajouté, bien sûr, à toute cette souffrance inutile, qu’il fait endurer aux femmes ménopausées « densitomaîtrisées » . Je ne fais plus fonctionner mon appareil de densitométrie, que je considère comme une machine à fabriquer des « malades ». Ceux–ci ou plutôt celles-ci, de bonne foi, demandent  légitimement des soins et des médicaments. Il est sûr que « soigner » des femmes  en bonne santé, en leur faisant consommer des médicaments, peut durer longtemps.

Cela peut même constituer une très bonne rente avec la bénédiction des autorités sanitaires, puisque l’on soigne préventivement… un  risque surestimé de fractures, en le transformant commercialement  en maladie avérée dans l’imaginaire féminin, celui, déjà pas drôle de la période péri-ménopausique.

La perfidie du discours consiste à répéter : « c’est grâce au traitement, que vous ne présentez, pas encore, aucune fracture majeure et que vous n’aggravez pas vos tassements vertébraux », « il ne faut surtout pas l’arrêter… », « d’ailleurs, vous voyez bien que la densité osseuse est stabilisée » ou « qu’elle diminue moins… », (processus physiologique habituel après la période ménopausique). (Lorsque l’on regarde de près le Bénéfice Absolu des bisphosphonates, on s’aperçoit que ce sont des  résultats lamentables au niveau des résultats escomptés, mais tout à fait significatifs au niveau des effets néfastes).

Densité osseuse élevée et fragilisation osseuse… un contre-exemple naturel gênant, qui fait capoter toute la densito-théorie. L’intuition prise en défaut.

Le souvenir d’une maladie génétique très rare (mutation du gène CLCN7) est revenu de très loin dans ma mémoire : l’ostéopétrose, ou maladie d’Albers-Schönberg ou encore appelé « maladie des os de marbre » caractérisée par des os denses et fragiles, maladie avec de nombreuses fractures « à bas niveau d’énergie » comme disent les spécialistes de l’os… j’avais oublié l’existence de cette maladie, que je n’ai jamais rencontré.

(À ne pas confondre avec une autre maladie génétique  « maladie des os de verre » classée sur le plan nosologique dans le groupe des « ostéogénèses  imparfaites »  par un défaut  de synthèse de  la protéine de collagène de tous les tissus de soutien, avec une atteinte du principal soutien squelettique osseux.  Les malades présentent des déformations squelettiques avec amyotrophies et des fractures fréquentes, sans rapport direct avec la minéralisation osseuse et sans rapport étiologique avec leur densité osseuse basse.)

Par ailleurs, j’ai refoulé pendant des années (oui, oui…Freud !) mon expérience thérapeutique malheureuse avec le Fluor, que j’ai prescrit, mea culpa, il y a trente ans, qui augmentaient  effectivement  la densité osseuse (sic) mais  qui rendait  l’os moins élastique et donc plus cassant (on parlait alors de « fractures en bâton de craie) que l’os « ostéoporisé » par le rayon X du radiologue. Je n’avais pas  encore acheté le densitomètre.  Il fallait fluorer. C’était « prouvé »… alors tous les rhumatologues français y sont allés…pour  fluorer l’os. De 1987 à 2001, date du retrait en catimini du fluor thérapeutique.

J’étais jeune et je croyais encore les Maîtres experts… au fil des années, j’ai appris à re-penser par moi-même… c’est plus difficile que de suivre aveuglément  le Maître, ou « l’Evidence Based  Medicine » (EBM) États-unienne, mais cela s’appelle la Liberté de penser, dont je suis toujours amoureux.

Alors… ! Que penser des « traitements » ?

Les  » traitements  » de l’ostéoporose commune d’involution sont appliqués de nombreuses années pour obtenir, rarement, une très légère remontée de la densité osseuse, Graal  thérapeutique illusoire, qui ne démontre, bien évidemment,  absolument pas une amélioration mécanique de la Solidité osseuse.

Ces traitements « préventifs » de fractures (vous lisez bien !) peuvent provoquer des fractures « atypiques » de la diaphyse fémorale, avec des temps de consolidations interminables, des nécroses osseuses définitives, des ulcérations  de la muqueuse digestive (bouche, œsophage, estomac, intestins.), et beaucoup d’autres manifestations graves de la santé des victimes de méthodes thérapeutiques fondées sur des certitudes erronées en 2019 !  (Et je ne sais pas encore pour combien de temps.)

J’ai l’impression que la Rhumatologie  marche ici , sur la tête, on utilise des médicaments pour « prévenir » les fractures du col du fémur des femmes de 81 ans en moyenne (âge moyen de fracture du col du fémur en France), qui peuvent en provoquer sur le même os, un peu en dessous du col , chez des femmes  beaucoup plus jeunes .

« Ah ! Bon, ce n’est pas de chance, Madame, c’est très rare ! »

Je n’ai toujours pas compris, sur le plan pharmaco-biologique comment une même  molécule peut être, à la fois, bénéfique sur un (hypothétique) problème osseux d’une part et maléfique d’autre part.

La liste des maléfices s’allonge : fracture majeure atypique, mort de cellules osseuses (ostéonécrose de la mandibule, du conduit auditif externe), mort de cellules de la muqueuse  digestive, DRESS syndrome – allergies mortelles, thromboses veineuses, fractures multiples « inattendues »  (sic) dès  l’arrêt du dernier  produit miracle inventé (Denosumab)…

Plus les traitements durent longtemps, plus des effets indésirables non décrits antérieurement apparaissent. Les laboratoires sont heureusement contraints par la Loi d’ajouter les effets nocifs sur les notices de leurs produits. Malheureusement, la plupart des médecins ne lise pas ces notices… ils en restent souvent à la connaissance de la molécule, lors de sa présentation sur le marché,  bien « marchandisée ». Ces effets nocifs n’apparaissent pas dans  les essais cliniques de durée beaucoup plus courte, sur deux mille cobayes volontaires, alors qu’ils adviennent (« avec rareté »… disent-ils) parmi les centaines de milliers de consommatrices confiantes, sur de nombreuses années.

Les « experts » chargé de donner les autorisations de mise sur le marché d’un produit pharmacologique (l’AMM) sont la plupart du temps impressionnés par le résultat  des essais cliniques des inventeurs, car ils ne savent pas faire la différence entre un risque relatif (RR) et un risque absolu (RA).

Les laboratoires et leurs statisticiens sont passés maîtres à bien mettre en valeur le bénéfice relatif de leur molécule, mais oublient de  préciser le bénéfice absolu de leur produit miracle : En fait, le seul qui compte pour une large population rendue pathologique par modifications des normes.

Il faut rajouter les différentes pressions des médias  amplifiant les espoirs des nouveaux médicaments et celles des « sociétés savantes » ou même des « associations de malades » sponsorisées par l’industrie pharmaceutique qui s’exercent sur le Comité Théodule, lui-même noyauté sur le plan politico-industriel, pour accorder l’autorisation de mise sur le marché : l’AMM. Bref, la pharmacologie industrielle  est contaminée par les intérêts marchands.

Les médecins, qui sont généralement « gentils » et veulent « bien faire » n’ont pas tellement développés leur Esprit critique… ce qui est quand même dommageable pour les patients.

Qu’est-ce qu’une maladie civilisationnelle

La fréquence de certaines maladies a tendance à augmenter dans le monde occidental. Le mode de vie sédentaire, l’alimentation moderne trop transformée (trop trafiquée) par l’industrie  agroalimentaire, les habitus toxiques, sont à la source de nombreuses maladies.  Les découvertes récentes des sciences « omiques »  montrent que notre génome est sensible  à ces modes de vie et influence « notre Santé » : simple résultante de la vie de nos cellules formant  nos différents tissus. Ce que l’on appelle la qualité de l’Hygiène de vie augmente ou raccourcit notre espérance de vie, c’est-à-dire accélère  ou  ralentit notre vieillissement.

La grande Révolution actuelle est venue de l’épigénétique qui montre une possibilité de transmission sur une, deux ou trois générations de caractères acquis, avec des épimutations  possiblement réversibles, alors que les mutations de l’ADN ne le sont pas. Sur le plan philosophique, la barrière entre l’inné et l’acquis est devenue poreuse, sur le plan socio-politique le déterminisme social  plutôt historiquement  « de gauche » et le déterminisme génétique plutôt « de droite », vont peut-être, enfin, converser avec des argumentations plus rationnelles et moins passionnelles ou idéologiques.

Je reviens à mon sujet de l’ostéoporose post-ménopausique,  pour en faire un risque fracturaire de civilisation de causes multifactorielles. Le tissu osseux est un tissu vivant  comme les autres, fabriqués par des cellules de construction, mais également par d’autres types de cellules de démolition, constamment au travail, la vie humaine  durant. Ces cellules travaillent bien, si elles sont placées dans les conditions trouvées et sélectionnées par trois milliards  et demie années de Recherche et Développement de la Nature et de l’Evolution darwinienne.

Les conditions mécaniques de contraintes et de forces, indispensables à la vitalité osseuse, doivent être maintenues tout au long de la vie et pas seulement en période de croissance osseuse : l’activité physique doit prévaloir, tout au long de la vie, sur la sédentarité.

Les conditions biochimiques  très étroites, pour maintenir ce bon travail des cellules, en ce qui concerne les constantes acido-basiques du milieu (un des nombreux facteurs de l’Homéostasie) se trouvent souvent déplacées par l’alimentation « moderne » vers l’acidose (trop de produits laitiers, trop de viandes, trop de céréales, pas assez d’alimentation végétale, trop de sel, trop de cuisson à haute température).

Il y a trop de ions H+ plus dans l’organisme. Les systèmes tampons de neutralisation des ions H + habituels (fonction rénale, fonction respiratoire) sont dépassés et la régulation automatique se fait, en prenant du stock calcique alcalin (bicarbonates alcalins) dans le réservoir du tissu osseux squelettique.

Voici, très succinctement, les causes principales de la déperdition des sels minéraux osseux pendant des dizaines d’années.

À noter que l’ostéopénie est physiologique (c’est-à-dire : normale) et n’est même pas le début de « l’ostéoporose OMS ». Je suis désolé de voir chaque mois en consultation, au moins une  femme, qui a un os normal qualifié d’ »ostéopénique », par le densitomètre et ses normes… traitée avec les mêmes médicaments dangereux de l’ostéoporose, au nom de la prévention, puisque certains médecins pensent que l’ostéopénie normale est le commencement de la « maladie ostéoporotique » et qu’il vaut mieux prévenir un peu tôt : c’est la logique même.

L’os est un tissu composite, hétérogène, anisotrope, formé de l’alliage de fibres collagènes organiques (la molécule de collagène est la protéine de solidité et de structures, la plus importante en quantité, dans le corps humain) et d’un cristal minéral le durcissant : le cristal d’hydroxyapatite contenant  du calcium  mais également beaucoup de phosphore, de l’oxygène et un peu l’hydrogène (- Ca5(PO4)OH –) .

Pour avoir un  collagène de qualité, il faut de la vitamine C , présente en abondance dans les végétaux crus. Pour assimiler des sels minéraux et ne pas avoir un os mou, par carence de cristaux (l’ostéomalacie), il faut avoir de la vitamine D3 (elle-même dérivée de la molécule de Cholestérol, en voie de juste réhabilitation… après trente ans d’infâmes et cupides accusations !), Vit D,  considérée maintenant comme une véritable hormone de Santé, dont on a besoin durant toute sa vie et pas seulement dans l’enfance, à l’adolescence ou au quatrième âge.)

Enfin, le tissu osseux est « frère » du cartilage, du tissu musculaire, du tissu tendineux, du tissu ligamentaire, des fascias et surprise… du tissu adipeux : tous ont la même origine embryologique.

Ce qui en dit long sur les unités de fonctionnement de notre organisme et les complexités de tous les métabolismes, qui communiquent ensemble, en bonne coordination, synchronisés pour la Vie et le mouvement.

Conclusion

Si j’ai évoqué l’épigénétique, c’est que cette nouvelle Science nous ouvre un espace de Liberté personnelle quant à notre Santé.

Nous redevenons responsables du choix de notre alimentation et de notre mode de vie pour entretenir et même améliorer notre santé, qui n’est plus complètement  prédéterminé par la génétique scellée de la molécule d’ADN.

L’ostéoporose post ménopausique n’est pas héréditaire, c’est une maladie poly-factorielles de la civilisation occidentale et je pense qu’aucune molécule chimique ou magique de nos pharmacologues bonimenteurs ne pourra effacer  nos  errements modernes contre nous même et notre Nature humaine.

Le Progrès médical n’est pas linéaire. Il procède par erreurs, voies sans issue, retours en arrière et corrections.  Les concepts erronés  peuvent  malheureusement durer quelques temps…(saignées répétitives pour éliminer les « mauvaises humeurs » au XVIIIe siècle, lobotomies pour « soigner » les malades  mentaux aux  XIXe et début du XXe siècles,  lait de  vaches pour  » nourrir  » les bébés humains comme des veaux, XXe et XXIe siècle, etc.),… encore faut-il  les reconnaître, pour changer de direction.

« Errare  humanum est, perseverare diabolicum ! »

 

Docteur Jean-Pierre Poinsignon,
Médecin Rhumatologue AIMSIB
Septembre 2019

Du même auteur:
– « Rhumatismes et si votre alimentation était coupable » ?  Edition François-Xavier de Guibert, 2010,
– « Ostéoporose Mythe ou Réalité », Editions du Rocher, 2015.
– « Pamphlet anti-étatique, du libéralisme au libertarisme », librinova.com, 2018.

 

 

 

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