Le quatrième livre de la collection « Vaccins et Société » (1) est disponible en librairie, il traite de la vaccination pédiatrique contre la coqueluche, l’hépatite B et de l’utilisation des vaccins combinés obligatoires chez le nourrisson. C’est encore une fois très didactique, fortement référencé, le ton reste mesuré et l’ensemble revient très éclairant quant à cette volonté vaccinale administrative et industrielle française située à des années-lumières de l’intérêt sanitaire de nos bébés. Entretien fructueux avec l’auteur, le Docteur Michel de Lorgeril, co-fondateur de l’AIMSIB. Bonne lecture.

La vaccination contre la coqueluche

– Le Comité Médical (CM): Qui se souvient encore (à part toi) du Vaxicoq© Mérieux, disparu mystérieusement des officines en 2001… Un vaccin qui contenait de l’aluminium et du mercure, entre autres joyeusetés, mais quel intérêt d’en parler aujourd’hui?

Docteur Michel de Lorgeril (MdL): On ne peut comprendre la médecine des vaccins d’aujourd’hui sans une perspective historique. Le passé éclaire le présent. Il faut savoir comment les premiers vaccins contre la coqueluche ont été conçus et utilisés pour apercevoir le chemin parcouru depuis les premiers échecs ; et les fragiles et imprudentes solutions qui ont émergé pour surmonter ces échecs ; sans jamais donner l’impression qu’on se serait trompé. En effet, par définition, une administration sanitaire ne se trompe jamais.

Comme le vaccin contre la coqueluche est inclut désormais dans des seringues hexavalentes (contenant six vaccins différents), il est devenu impossible, en cas d’effet indésirable, d’attribuer cette toxicité à l’un des 6 vaccins. Faute de pouvoir identifier un effet adverse dû spécifiquement au vaccin contre la coqueluche, on fait « comme si » il n’y avait pas d’effet adverse ; bien que certains médecins (en toute connaissance des causes) traitent préventivement les bébés (avec du paracétamol ou de l’ibuprofen) pour masquer (ou dissimuler) ces effets adverses des vaccins hexavalents. D’où l’importance de revenir en arrière à propos des premiers vaccins contre la coqueluche, comment ils ont été testés (indépendamment de tout autre) et comment ils ont été surveillés. Comme expliqué dans le livre, ce premier vaccin n’est plus recommandé car nous n’avons jamais eu évidence qu’il soit utile et sa toxicité est évidente. Peut-on l’admettre quand on est une administration ? On préfère oublier.

– CM: La toxicité du vaccin précédent dit « cellulaire », ou « WP » est oubliée aussi. L’inefficacité franche de son successeur  (acellulaire) tend à laisser certains infectiologues un peu nostalgiques des temps passés et du vaccin précédent, qu’en penser?

– Mdl: Les premiers vaccins [des amas de bactéries tuées] ayant été rejetés du fait de leur franche toxicité, on utilise aujourd’hui des vaccins plus élaborés (c’est expliqué dans le livre) et probablement moins toxiques. Ce n’est pas tout-à-fait sûr car nous ne disposons pas de bonnes études. Beaucoup d’experts « modernes » estiment que les nouveaux vaccins sont peut-être moins toxiques mais surtout qu’ils sont moins efficaces que leurs prédécesseurs. Leur raisonnement est logique mais nous manquons de données robustes pour confirmer ces affirmations péremptoires. Il n’est pas moins évident, et c’est assez catastrophique pour les tenants des obligations vaccinales, que malgré une couverture vaccinale optimale dans de nombreux pays, des épidémies localisées de coqueluche surviennent fréquemment, confirmant l’inefficacité des nouveaux vaccins. Les autorités sanitaires n’osent plus communiquer sur ces questions puisqu’elles devraient admettre que nous serions théoriquement face à deux options aussi inacceptables l’une que l’autre : soit des anciens vaccins toxiques dont l’efficacité n’est pas démontrée ; soit des nouveaux vaccins inefficaces dont l’innocuité est loin d’être démontrée.

– CM: Tu écris que ce vaccin n’est pas altruiste, c’est à priori illogique…

– Mdl: En simplifiant beaucoup, on peut qualifier un vaccin d’altruiste quand en vaccinant Paul je protège Paul certes, mais aussi Pierre qui ne peut être vacciné pour différentes raisons. Dit autrement, si ce vaccin ne permet pas de protéger Paul lui-même [comme je le montre dans le livre à propos de celui contre la coqueluche], il n’a aucune chance de protéger Pierre. Ce vaccin n’est donc pas altruiste, sans l’ombre d’un doute.

– CM: Quelques mots sur la stratégie du cocooning qui prévaut encore dans une écrasante partie des maternités françaises: Globalement il s’agit de revacciner les parents et les grands-parents contre la coqueluche avec la seul composition encore existante sur le marché, un assemblage Diphtérie-Tétanos-Polio-Coqueluche. Pourquoi le cocooning ne marche pas?

– Mdl: Le principe du cocooning (inventé par des médecins anglo-saxons désemparés face à leur impuissance à juguler la coqueluche par les vaccins) est désormais abandonné un peu partout. Pourquoi ? Parce qu’il s’est avéré inefficace. (2) Non seulement le vaccin est lui-même inefficace (ne laissant aucune chance au cocooning de s’avérer utile) mais surtout la vaccination de quelques proches est insuffisante. Il faudrait aussi vacciner le facteur, le plombier et même le boulanger et le cordonnier…Mais comme les vaccins actuels n’empêchent pas la circulation de la bactérie pathogène, discuter le cocooning est temps perdu.

– CM: Un mot sur le « nouveaux vaccin » anti-coqueluche, issu de la recherche française?

– Mdl: Pour le moment, aucune étude sérieuse ne permet de juger de l’utilité des nouveaux vaccins. C’est une impasse insurmontable. L’autre difficulté est que pour l’imposer sur le marché, il faudrait admettre que ceux actuellement utilisés ne sont pas efficaces. Admettre donc que les familles et les médecins ont été quelque peu abusés ; ou au moins entrer dans de longues et pénibles explications qui légitimeraient totalement le scepticisme de certains, y compris moi-même. Ce serait faire un cadeau à ceux nombreux qui restent hésitants face aux obligations vaccinales. De plus, si ce nouveau vaccin est inclut dans la seringue hexavalente, il faudrait refaire tous les tests concernant les vaccins hexavalents et démontrer que le nouvel hexavalent n’est pas inférieur (au minimum) aux anciens. Ce serait un travail long et dispendieux pour les industriels qui n’y sont certainement pas prêts, à moins de leur offrir des opportunités commerciales ; ce qui serait immédiatement dénoncé. L’ensemble du dossier est donc politiquement dangereux alors même que le nouveau vaccin est suspect, comme expliqué dans le Livre.

La vaccination contre l’hépatite B

– CM: Cet été verra passer de nombreux articles autour du sujet, repris selon des angles différents. Nos lecteurs seront absolument incollables sur la question. Tu expliques que cette vaccination est devenue obligatoire pour les professions de santé depuis 1991 avec pour effet redoutable une augmentation nette, bien que contestée par les autorités, des affections auto-immunes notamment neurologiques des personnels médicaux et para-médicaux. Que faudrait-il faire de cette vaccination obligatoire?

– Mdl: Que faut-il faire ? Difficile question. Ce qu’il faudrait faire en matière de santé est du ressort de comités d’experts indépendants mandatés par les politiques. Ce type de comité n’a jamais été réuni pour discuter la question des vaccins. On a fait semblant, ou plutôt les comités réunis étaient surtout mandatés pour confirmer (valider) des politiques vaccinales déjà négociées en secret avec les industriels. En dehors de ce type de comité de consensus, le rôle des scientifiques dans une société moderne est loin d’être évident. Peuvent-ils admonester (ou conseiller) les politiques concernant les lois d’obligation vaccinale ? Encore faudrait-il que les politiques soient capables d’entendre et comprendre le message des scientifiques. On peut dire la même chose des médecins. Comment leur faire comprendre qu’ils ont été trompés ? Peuvent-ils l’admettre ? Dans l’immédiat, le rôle des scientifiques est de diffuser vers le public (les citoyens) nos connaissances et nos méthodologies. Tel est l’objectif de ce Livre 4 ; et aussi des trois qui précèdent et des 6 qui vont suivre.

– CM: Nous reviendrons dans un prochain article sur le drame de 1994-96 où le gouvernement français s’était fait mettre en tête de vacciner un maximum d’élèves de 6e contre l’hépatite B. Revenons à l’apparition de cette valence dans le calendrier vaccinal des bébés, pourquoi les désigner eux?

– Mdl:Pourquoi les collégiens ont été la cible de cette stupide (heureusement interrompue) campagne de vaccination ? Parce que c’était pratique ! On les avait « sous la main » au collège et bien souvent les parents n’étaient pas prévenus ; beaucoup d’enfants ont été vaccinés sans l’accord des parents. Au début, ce fut accepté par les familles, malgré l’absence d’une information claire et indépendante.

Et puis, les complications sont survenues et dénoncées… L’Etat et les académies ont nié les faits ; et continuent de nier les faits. Pourtant la campagne de vaccination dans les collèges a été stoppée ; ce qui est une sorte d’aveu. L’Etat n’a toujours pas admis, à ce jour, cette erreur bien que les tribunaux aient donné raison à des plaignants qui ont obtenu des compensations. On peut craindre que les industriels et l’Etat ne reconnaissent jamais leurs torts car ce serait un scandale sanitaire pire que celui du sang contaminé. On peut le constater, il n’y a aucune communication sur ce sujet ; sinon des études biaisées qui essaient de masquer la réalité des faits. J’en donne quelques calamiteux exemples dans le Livre ; ils déshonorent leurs auteurs et, comme aurait dit le grand Victor Hugo, « l’œil sera dans leur tombe »…

Ainsi naît le sentiment de défiance ; mais les peuples n’oublient pas !

– CM: Que sait-on de leurs immunités résiduelles au moment de l’âge de leurs premiers rapports sexuels?

– Mdl: Je l’explique dans le Livre, nous avons peu d’études sur ce sujet critique qui fut pourtant une des principales justifications de la vaccination des collégiens et qui aujourd’hui encore justifie l’obligation vaccinale des nourrissons. Je renvoie les lecteurs intéressés aux analyses du Livre ; mais globalement, la vaccination du nourrisson ne lui permet pas d’acquérir une immunité durable ; pas même jusqu’à l’adolescence. Il faudrait des rappels répétés au cours de la vie. Cela dit, avoir des anticorps décelables ne signifie pas qu’on soit protégé de la maladie. Comme je le montre dans le Livre, d’autres approches, beaucoup plus efficaces que la vaccination systématique, ont permis la régression de l’hépatite B.

– CM: On l’a vu avec l’exposé dérangeant de notre Confrère le Docteur Gérard Delépine, (Z) cette vaccination a été promulguée pour lutter contre le cancer du foie et au final, cette maladie se trouve en nette augmentation à ce jour malgré plusieurs millions de doses injectées.  Y a-t-il une ou des indications légitimes à cette vaccination anti-hépatite B à ton avis?

– Mdl: La prévention du cancer du foie a été utilisée comme justification « secondaire » pour stimuler la vaccination contre l’hépatite B. Cet argument a pour but d’essayer d’effacer l’image très négative de ce vaccin dans le public. Les études concernant le cancer du foie de l’enfant sont venues d’Asie et sont d’une incroyable médiocrité. Que certains experts et l’administration sanitaire s’appuient sur de telles études pour essayer de légitimer l’obligation de ce vaccin chez le nourrisson en France est burlesque et témoigne au minimum d’une triste incompétence.

Les vaccins pédiatriques conjugués

– CM: Commençons par le Repevax© extrêmement utilisé à l’heure actuelle, en rappel des injections précédentes contre la diphtérie, le tétanos, la polio et la coqueluche. Pourquoi ce vaccin est-il contre-indiqué avant l’âge de trois ans, il est franchement aussi toxique que ça?

– Mdl: Vous posez un regard cruel sur une des nombreuses contradictions des autorités sanitaires… On a oublié le passé, on veut éviter de nouveaux scandales, on veut favoriser les vaccins hexavalents chez le nourrisson, on évite toute discussion avec des experts indépendants, on craint comme la peste que des personnes indiscrètes retournent dans le passé pour examiner ce qui s’est passé ; ce qu’on savait et qu’on essaie d’oublier. Mes Livres sur les vaccins sont conçus dans cet esprit : que sait-on vraiment ? Quel est la valeur de ce savoir ?

– CM: Oublions les pentavalents (dépourvus de substance anti-HBV, ces assemblages ne sont plus « aux normes de l’obligation vaccinale »). Parlons de ces fameux hexavalents (anti- diphtérie, tétanos, polio, Hemophilus Influenzae B, coqueluche, hépatite B), l’idée était plutôt séduisante de tous les associer dans une même seringue pour diminuer le nombre d’injections, non?

– Mdl: Je ne suis pas de votre avis. En médecine de façon générale, c’est une mauvaise idée de mélanger deux (ou plusieurs) médicaments dans le même comprimé ou la même seringue. En cas d’effet adverse, il est impossible de l’attribuer à l’un des médicaments plutôt qu’à l’autre et on est obligé de tout arrêter ; avec le risque (si ces médicaments étaient vraiment utiles (ou indispensables) de mettre en danger le patient.

Evidemment, les industriels et leurs complices avaient des motivations bien précises ; ce que je raconte tout au long du Livre. Par exemple, face à la toxicité de l’aluminium et la nécessité d’en diminuer les doses, on a pensé qu’en mélangeant plusieurs antigènes vaccinaux dans la même seringue, on pouvait stimuler le système immunitaire de façon équivalente (ou proche) de ce que l’on obtenait avec l’adjuvant aluminium. Cette motivation ne peut être énoncée explicitement car il faudrait admettre que l’aluminium est toxique.

– CM: Personne ne parle de ce que l’association Corvelva semble avoir mis à jour en 2018 au moins sur certains lots de vaccins, bien que nous en ayons régulièrement évoqué ce futur scandale sanitaire en cours (3)(4), tu peux nous en dire plus?

– Mdl: Quoique j’aie la plus grande sympathie pour toute équipe de biologistes qui mènent des investigations (vérifications) indépendamment des industriels, il nous faut faire attention à la qualité de ces études qui, en général, ne respectent pas (faute de moyens) les normes de qualité que nous exigeons dans les sciences de la vie. Pour ma part, j’attendrai qu’un laboratoire officiel (universitaire et indépendant) ait confirmé ces données pour les valider sans arrière-pensée. Comme critiques du système actuel, nous devons être irréprochables et exiger les méthodologies les meilleurs avant de nous impliquer.

– CM: Trois produits se partagent le marché: Infanrix© Hexa du laboratoire GSK, puis Hexyon© et Vaxelis© issus tous deux de la recherche Sanofi-Pasteur, quelle idée saugrenue de réaliser deux produits dissemblables pour une même indication, quelle en est l’explication?

– Mdl: Il n’y a pas, à notre niveau et dans notre méconnaissance du plan-business de l’industriel, de rationalité à ces bizarreries. Mais l’industriel a des plans à long terme, il tient compte des variations géographiques des marchés et il y a des accords (plus ou moins) secrets entre industriels pour se partager les marchés en fonction de multiple paramètres.

– CM: Finalement à choisir, y a-t-il à ton avis une hiérarchie à respecter entre ces trois produits par rapport à leurs efficacités et tolérances respectives?

– Mdl: Mon impression [en l’absence d’études comparatives] est qu’il n’y a pas de différence notable entre ces produits. L’efficacité réelle de chacun des 6 vaccins présents dans les seringues hexavalentes est douteuse (non démontrée) et leur toxicité, notamment neurologique, est admise par les industriels.

Le rapport bénéfice/risque est donc négatif.

A ce point de nos connaissances, rien ne peut justifier les obligations vaccinales les concernant car la démonstration de leur altruisme est aussi manquante, contrairement à ce qu’affirment les autorités et les académiciens.

La conclusion du Docteur Michel de Lorgeril

– CM: Nous t’écoutons pour ta conclusion de Juillet, tous les sujets te sont autorisés!

– Mdl: Je n’ai qu’une seule conclusion dans l’immédiat :

Il est urgent de réunir un comité d’experts vraiment experts et vraiment indépendants (aussi bien des industriels que des administrations conniventes) afin de réanalyser et rediscuter les politiques vaccinales actuelles imposées (sans concertation réelle) aux familles et à leurs médecins.

La transparence doit être assurée si on espère rétablir la confiance. Cette dernière étant perdue dans des fractions de plus en plus importantes de la population, surtout la mieux éduquée, il faudra beaucoup de temps pour que scepticisme et hésitation vaccinale cessent d’être prévalentes.

 

 

Notes et sources:
(1) « Les vaccins du nourrissons, coqueluche, hépatite B, vaccins hexavalents » livre 4, Michel de Lorgeril, Chariot d’Or éd.
(2) « Evaluation of the association of maternal pertussis vaccination with obstetric events and birth outcomes ». Kharbanda EO, Vazquez-Benitez G, Lipkind HS, Klein NP, Cheetham TC, Naleway A, Omer SB, Hambidge SJ, Lee GM, Jackson ML, McCarthy NL, DeStefano F, Nordin JD. JAMA, 2014;312(18):1897-1904
(3) https://aimsib.org/2018/12/31/vaccinations-obligatoires-2018-cest-bientot-fini/
(4) https://aimsib.org/2019/03/31/les-six-precautions-preconisees-par-laimsib-pour-la-vaccination-des-nourrissons-mars-2019/
(5) https://aimsib.org/2019/07/02/la-premiere-video-incontournable-de-votre-ete-docteur-gerard-delepine-hbv-et-cancer-du-foie/

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