Surprise amusée cette semaine chez les médecins généralistes de l’AIMSIB, un journaliste en vue du magazine « Envoyé Spécial » est apparu dans nos boites mails à la recherche de praticiens de ville susceptibles de témoigner sur cette épidémie actuelle de rougeole. Le problème c’est que… personne parmi nous n’a plus vu un rougeoleux depuis des lustres. Une épidémie invisible par les médecins de terrain mais alors comment faire? Bonne lecture, qui vaut bien son pesant d’anti-dépresseur.

 

En cette période de rougeole épidémique, nous dit-on, les journalistes de cette émission bien connue de France Télévisions contactèrent ces jours-ci nos médecins généralistes  afin de trouver aussi des familles/des patients susceptibles de témoigner de cette maladie hautement contagieuse et mortelle. On nous écrivait ceci :

« .../… il semble important de montrer la réalité de l’épidémie à nos téléspectateurs partout en France, pour les faire prendre conscience de l’importance des mesures de prévention ». (1)

L’intention (spontanée, ce qui serait déjà grave, ou téléguidée par le Ministère, ce qui serait préoccupant pour la qualité du contenu qu’il s’apprête à nous délivrer) de ce professionnel de l’information est donc de produire un reportage montrant les ravages de notre épidémie de rougeole pour encourager la population (tous âges confondus) à se prémunir ; c’est-à-dire à se vacciner en toute urgence. Malheureusement pour ce journaliste, c’est plus facile à dire qu’à faire. C’est que les médecins de terrain en voient bien peu, voire même pas du tout dans des départements entiers, des malades de la rougeole …

La gastro-entérite virale est sans vaccin, donc sans intérêt

Par comparaison, savoir que quand il y a une épidémie de gastroentérite, tous les médecins de ville reçoivent au moins vingt malades atteints de la même maladie tous les jours dans leurs cabinets, pendant des semaines ; mais comparaison n’est pas raison. Le journaliste ne précise d’ailleurs pas s’il veut des « rougeoleux » vaccinés ou non-vaccinés ; on peut penser, vu ses intentions et celles de son donneur d’ordre,  que ses préférences vont aux non-vaccinés ; car un vacciné « rougeoleux » n’est pas franchement idéal pour vanter les mérites de la vaccination.

La tâche est donc ardue pour ce malheureux journaliste. Où donc se cachent ces fameux malades ministériels? Il serait sans doute plus facile de chercher des médecins et des familles qui ont constaté des effets adverses du vaccin chez des nourrissons mais cette idée passe pour affreusement « anti-vaxx », alors oubliez-là.

Pourtant, en matière d’épidémie de rougeole les chiffres sont là (2): C’est plus parlant avec un graphique qui compare les premières semaines de 2018 (à gauche) avec les semaines correspondantes de 2019 (à droite); le numéro sous chaque colonne est celui de la semaine calendaire.

 

santepubliquefrance.fr

 

Ici on compare les semaines 12 (coloriées en jaune sur l’abscisse ci-dessus, chiffres reportés sur l’ordonnée par des flèches rouges) en 2018 et en 2019 et on constate :

  • que le nombre de cas de rougeole par semaine (échelle de gauche) est franchement faible pour un pays qui approche les 70 millions d’habitants,
  • qu’il y a eu deux fois moins de cas de rougeole en 2019 qu’en 2018 à date identique,
  • que ce sont évidemment de simples données déclaratives et pas de vrais diagnostics biologiques,
  • il nous faudrait aussi le pedigree exact des virus coupables, car tous sont trop facilement appelés « rougeole »,
  • que, en conséquence, les rougeoles réelles sont probablement moins fréquentes que les rougeoles déclarées ; c’est la notion importante de « foyer épidémique » : faute de confirmation biologique solide, ces foyers de rougeole sont parfois des foyers de déclarations, et pas des foyers de vraie rougeole virologiquement démontrés ; il faut être prudent et précis quand on craint une épidémie ; comme on aurait dû l’être lors de la mémorable panique-pandémique H1N1.
  • que la couverture vaccinale anti-rougeoleuse n’a pas changé de façon significative entre 2018 et 2019, contrairement aux déclarations ministérielles,
  • que la fréquence de la rougeole résiduelle dépend probablement donc de facteurs autres que la vaccination,
  • qu’il serait intéressant d’identifier ces facteurs de persistance de la rougeole, par exemple l’apparition sur le territoire de nouveaux virus de la rougeole non inclus dans les présentations vaccinales actuelles.
  • et qu’une question évidente vient à l’esprit : pourquoi cet affolement des autorités sanitaires ? Pour nous vendre quoi au juste?

 

Les foyers de rougeole sont parfois des foyers de déclarations, et pas des foyers de vraie rougeole virologiquement démontrés ; il faut être précis et prudent quand on craint une épidémie ; comme on aurait dû l’être lors de la mémorable panique-pandémique H1N1 ;

Il serait intéressant d’identifier ces facteurs, par exemple l’apparition sur le territoire de nouveaux virus de la rougeole ; avec comme question subsidiaire : le vaccin actuel protège-t-il contre ces nouveaux virus ?

 

S’intéresser à la varicelle pendant qu’on y est?

Autre question qu’on pourrait adresser aux journalistes, sans ironie aucune : pourquoi ne préparent-ils pas plutôt une émission sur la varicelle ? Les malades ne manquent pas ; avec des complications certaines… C’est un peu la routine pour les médecins praticiens de terrain que nous sommes et nous n’ en faisons surtout pas une catastrophe. Bref, une vraie épidémie saisonnière, quoiqu’on puisse jouer sur la définition scientifique d’une épidémie !

Rappel utile, selon les données officielles : chaque année, près de 700 000 cas de varicelle surviennent en France (90% des malades ont moins de 10 ans) avec environ 3000 hospitalisations  (75% ont moins de 10 ans) et 20 décès (seulement 30% ont moins de 10 ans).

Pour ceux qui voudraient vérifier ces chiffres actualisés au 21 Février 2019, et que nous nous contentons de recopier, c’est là (3):

vaccinationinfoservice.fr

 

C’est étonnant, 700.000 cas de varicelle annuels alors que nous comptons  800.000 naissances par an. Indiscutablement certains des 100.000 « manquants » s’immunisent seuls sans développer de forme clinique de la maladie.

Ces données peuvent être interprétées de façon variable mais, pour les médecins de terrain comme pour les rédacteurs du texte ci-dessus, ils reflètent le caractère fréquent et le plus souvent très bénin de la maladie; mais aussi le fait que la gravité de la varicelle augmente avec l’âge. 

Mais alors pourquoi cette rougeole si rare (par rapport à la varicelle) n’a pas « le caractère le plus souvent bénin »  attribué à la varicelle qui tue pourtant, en moyenne, 20 fois plus que la rougeole ?

Il est cruel mais nécessaire de se moquer ici de la pauvreté de la science vaccinale et de ceux qui la diffusent. Peu de nos experts en France osent insister sur l’intérêt d’une telle vaccination anti-varicelle, à l’inverse des experts italiens qui l’ont incluse dans leurs obligations vaccinales. Le Japon l’a déjà retirée de ses préconisations pour cause d’inefficacité et de toxicité. Pendant que ces curieux Transalpins (sans vraie culture microbiologique, probablement) sont allés jusqu’à exclure « nos » produits anti-méningites de tous leurs protocoles vaccinaux, qu’ont-ils vu et que nous ne voyons pas, et inversement?

Et pourquoi jamais la tuberculose, surtout?

Pourquoi pas aussi une émission sur la tuberculose qui, en moyenne, tue 500 fois plus en France que la rougeole ? Naturellement le fait que l’Etat ait enfin décidé de ne plus exiger de vaccination anti-tuberculeuse pour l’ensemble des professions de santé  à partir d’Avril de cette année ne risque pas d’aider à susciter un intérêt ministériel pour cette pathologie d’un autre âge, bien qu’encore si actuelle.

La France se retrouvait seule en Europe à vacciner ses professions de santé par le BCG avec… Malte, pendant que les Allemands en avaient totalement proscrit l’usage dès 1976 !

Ne nous baignons pas de fausses illusions, ce BCG a été abandonné pour de vilaines raisons financières, plus aucun industriel ne souhaitant synthétiser un produit si peu rentable pour si peu de clients et qui par ailleurs était unanimement reconnu comme franchement inefficace, voire possiblement dangereux. Voici l’oraison funèbre prononcée récemment par le Pr Daniel Floret lui-même, Président du Comité Technique de la Vaccination (CTV):

-« C’était très discutable de faire une obligation pour un vaccin à l’efficacité limitée chez l’adulte. D’autant plus que la proportion de jeunes non vaccinés dans l’enfance pour le BCG va aller en croissant, depuis la levée de l’obligation de ce vaccin en 2007 chez l’enfant. »

Pourquoi la France a attendu si longtemps pour cesser de vacciner avec un produit porteur de tant de défauts, tout cela suscite beaucoup de questions et n’apporte que bien peu de réponses…

 

Concluons sur la rougeole de France Télévisions

Les médecins praticiens de l’AIMSIB, peu influençables par l’idéologie dominante et les stupidités pseudo-médicales de toutes origines, y compris émanant de notre propre télévision publique, constatent les faits :

1- la rougeole mortelle avait quasiment disparu chez nous avant la vaccination de masse.
2- la rougeole adulte et celle du nourrisson sont apparues chez nous de manière préoccupante depuis la vaccination de masse.
3- la rougeole adulte et celle du nourrisson sont  beaucoup plus dangereuses que celle de l’enfant.
4- la rougeole adulte mortelle est chez nous probablement une conséquence de la vaccination de masse.
5- la vaccination anti-rougeole peut générer des complications individuelles qu’il faudrait sérieusement étudier.
6- la vaccination anti-rougeole est responsable de complications communautaires type « phénomène de déplacement », correspondant aux modifications des âges des victimes : autrefois, la rougeole se vivait sereinement à l’école primaire : maladie bénigne de l’enfance ; mortalité faible (ou nulle) et généralement en relation avec des cas d’immunodéficience primitive ou secondaire.
7- le nombre des contre-indications à la vaccination ROR a été récemment revu à la hausse par le CDC américain en Décembre 2018, sans qu’aucune directive de prudence supplémentaire n’ait été édictée par notre Ministère à ce jour, Avril 2019.

Le moment est venu de réfléchir ; c’est difficile pour les bureaucrates de nos Ministères, harassés par leurs labeurs quotidiens ; C’est plus facile pour nous naturellement, qui vivons sans ne rien faire ou presque… Mais nos médias subventionnés grâce à la redevance pourraient y aider, bien que leurs conditions de travail soient compliquées par le fait que la présidence de cette entreprise télévisuelle soit nommée par l’Etat, ce qui rend ardu un discours indépendant des « fake news » officielles.

 

Le Comité Médical de l’AIMSIB

 

Sources:
(1) « Bonjour,
…/…  Nous préparons un long reportage sur l’épidémie de rougeole en France pour l’émission « Envoyé spécial » sur France 2. Nous sommes en tournage cette semaine et la semaine prochaine. Notre voulons expliquer pourquoi cette épidémie qu’on pensait oubliée ressurgit, comment elle se propage et comment la contenir. Notre objectif n’est pas de multiplier les interviews d’experts dans des bureaux. Nous essayons de nous rendre sur le terrain, pour filmer concrètement la situation dans les régions françaises les plus concernées. Nous voulons rencontrer les malades, leurs familles, leurs médecins et montrer la réponse concrète des autorités de santé (recensement des cas, diagnostiques, campagnes d’information, de vaccination…). Pourriez-vous nous aider à rencontrer des malades et des médecins concernés ? Nous sommes une émission sérieuse, nous ne voulons pas faire du sensationnalisme, mais sur ce sujet de santé publique il semble important de montrer la réalité de l’épidémie à nos téléspectateurs partout en France, pour les faire prendre conscience de l’importante des mesures de prévention.
Nous pouvons nous déplacer partout en France. Nous sommes un peu pressés par le temps. N’hésitez pas à reprendre contact avec moi dès que possible pour en rediscuter.
Merci d’avance pour votre aide, indispensable sur ce sujet important. Bien cordialement,  Olivier S…. »
(2) http://invs.santepubliquefrance.fr/%20fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rougeole/Points-d-actualites/Bulletin-epidemiologique-rougeole.-Donnees-de-surveillance-au-3-avril-2019 
(3) https://professionnels.vaccination-info-service.fr/Maladies-et-leurs-vaccins/
(4) https://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2019/03/15/pr-daniel-floret-le-bcg-est-peu-efficace-chez-ladulte-_317904
(5) https://www.cdc.gov/vaccines/hcp/vis/vis-statements/mmr.html

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