L’AIMSIB s’enorgueillit ici de l’arrivée de Jean-Pierre Auffret,  ingénieur en retraite de très grand talent, passionné de longue date par les intrications douteuses que l’industrie a pu un jour nouer solidement avec la médecine. Il a donc trouvé depuis longtemps dans la vaccinologie matière à… intérêt. Jean-Pierre lit tout ce qui paraît sur le sujet, note tout, trie tout et informe quotidiennement son public admiratif des articles-perles tous frais du jour, que ceux-ci paraissent en français, en anglais ou en Italien. Quand la cardiologie vous ramène au vaccin et inversement, c’est possible? Bonne lecture.

« La vaccination est l’une des avancées les plus remarquables de l’histoire de la médecine. Aucun propos « sérieux » touchant aux vaccinations, voire à la médecine, ne saurait être énoncé sans cette incantation rituelle, ce mantra, ce signe de croix liminaire…

Exemples, ministre en tête, dans les interventions lors du colloque du 22 mai 2018 [1] touchant à l’aluminium dans les vaccins et à l’anti-hépatite B. Variante conjurant un quasi-sacrilège : « Loin de moi l’idée de remettre en cause l’intérêt des vaccinations... ». Même un Romain Gherardi, venant mettre en garde contre l’origine vaccinale d’inquiétantes accumulations d’aluminium dans les muscles ou le cerveau, renouvelle son allégeance à Pasteur…

Autre variante de dernier recours, psalmodiée fidèlement, lorsqu’il faut admettre qu’il pourrait y avoir des accidents, des coïncidences fâcheuses : « Aucune étude ne met en évidence de lien entre le vaccin et la sclérose en plaques (par exemple), et, même si c’était le cas, le vaccin a sauvé des milliers de personnes du VHB (par exemple). Le rapport bénéfices-risques est toujours largement en faveur du vaccin! »

Et le credo protecteur, le mantra salvateur ressort par automatisme, excluant toute critique alors même que, comme on va le voir, celui qui s’exprime expose un cas analogue qu’il s’interdit de transposer. Un éminent professeur de chirurgie cardio-vasculaire m’expliquait la décadence de l’Empire romain par l’importance du plomb dans la vaisselle de l’aristocratie et la préparation du vin notamment, et donc par le saturnisme et les troubles mentaux qu’il générait notamment chez les empereurs… S’ensuit un petit échange sur l’importance réelle du plomb parmi les causes de cette décadence, sur l’origine de celui-ci dans l’alimentation des Romains, sur la balance bénéfices-risques, l’adduction d’eau par des canalisations en plomb ayant quand même largement participé au développement des villes et à l’essor économique.

La transition me semblant facile, je demande alors : « Mais n’y aurait-il à se préoccuper davantage des métaux injectés directement dans le sang, par exemple l’aluminium à l’occasion des vaccinations ? » L’incantation protectrice fuse instantanément : « La vaccination est l’une des avancées les plus remarquables de l’histoire de la médecine. » Peut-être pour camoufler une certaine méconnaissance du sujet autant que par paresse à s’y aventurer. Puis pour faire montre d’un esprit critique en éveil, mon interlocuteur se réfugie dans sa spécialité et me parle des stents : ces petits dispositifs servent à maintenir une section (lumière) suffisante pour les vaisseaux ou d’autres orifices ; leur emploi est courant et salutaire pour une nombreuse population, en général âgée. Et les stents en acier inox contiennent (contenaient ?) en général du nickel (Iekin, nitinol)[2]. Alors que mon interlocuteur en posait lui-même fréquemment, sans inquiétude, un confrère canadien attira son attention sur les inconvénients du nickel et les traces que les stents diffusent dans l’organisme au fil du temps.

Le nickel, également utilisé pour des prothèses et d’autres implants, est un métal familier, presque sympathique : il interviendrait dans le métabolisme des glucides ou le cycle du fer, etc. Mais les avantages métallurgiques… n’excluent pas quelques risques : les allergies cutanées (eczéma de contact, parfois urticaire) sont bien connues et concernent quelques % de la population, et le rôle physiologique du nickel est encore mal connu.

Surtout les dérivés inorganiques sont classés « cancérigènes certains » (CAT 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), et le nickel métallique est quant à lui classé « possiblement cancérigène » (CAT 28).

Et le confrère canadien d’affirmer de réels risques cancérigènes avec le nickel des stents. Mon interlocuteur le fait répéter et obtient son accord pour citer son nom avec cette hypothèse, dans une communication professionnelle. Dès la publication de celle-ci, un important producteur de stents (au nickel) téléphone à mon interlocuteur et lui reproche vigoureusement de mettre en péril patients, praticiens et… producteurs… L’échange cesse à l’évocation du chiffre d’affaires en cause.

La pratique n’en est pas moins répandue : elle concerne une certaine population de patients, généralement âgés, à qui elle peut néanmoins apporter un avantage réel. Mon interlocuteur n’hésitait donc pas à déplorer la toxicité d’une ingestion ou d’une implantation. Mais concernant l’injection par la vaccination de substances suspectes, dans une immense population saine face à une maladie hypothétique et malgré des effets indésirables au moins aussi patents, le réflexe conditionné s’avérait le plus fort :

« La vaccination est l’une des avancées les plus remarquables de l’histoire de la médecine. »

Quand la vigilance scientifique abdique devant le dogme…

 

 

Sources:
[1] http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5464
[2] D’autres alliages sont utilisés (cobalt-chrome ou platine-chrome) : le chrome III est réputé dépourvu de toxicité, mais le chrome VI, les sels de chrome IV… sont toxiques.

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