Il faut comprendre que Lucienne Foucras a bien le droit d’être franchement en colère, on lui a stupidement vacciné son mari contre l’hépatite B et il en est décédé, rapidement atteint de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), de maladie de Goujerot mais aussi d’une troisième maladie, démyélinisante, non étiquetée. Et puis pire, si! C’est possible, on lui a aussi interdit de se battre pour qu’on respecte sa mémoire à l’intérieur même d’une association pourtant reconnue pour sa réelle utilité. Couac incroyable. Voici son témoignage.

 

31 mars 2018 : Journée FORMINDEP sur le classement des facs de médecine

Lieu : le siège de PRESCRIRE

Objet :  deuxième recensement des facultés de médecine en fonction de l’indépendance de la formation initiale afin de «  continuer à se démarquer de l’influence des firmes pharmaceutiques dans chaque faculté ».

Je m’y suis inscrite pour la deuxième fois en précisant bien que je représentais le REVAHB. Inscription acceptée. Le Pr Philippe Even, toujours aussi chaleureux, est déjà là avec un autre médecin. Ils m’accueillent. Bruno Toussaint arrive et fait celui qui ne me connaît pas alors qu’il me connaît très bien. Je rencontre deux ou trois autres personnes normalement aimables, dont Irène Frachon. Les autres, je ne les connais pas. Ils parlent entre eux, sont contents de se rencontrer. J’ai l’impression d’arriver dans un club fermé. Ce n’est pas la première fois.

La journée a été introduite par Paul Scheffer, membre du Conseil d’administration de FORMINDEP et docteur en sciences de l’éducation.[i] La charte de FORMINDEP exige qu’on précise si l’on a des conflits d’intérêts. Il s’exécute. Il n’en a pas. C’est lui qui a organisé cette journée et la dirigera de bout en bout, ce qui lui vaudra d’être  ovationné à la fin pour l’effort fourni[ii].  C’est donc lui qui dirigera le débat puisqu‘un débat est prévu avec la salle.

La journée étant filmée, chacun pourra la suivre sur le site de FORMINDEP, ce qui me dispense d’en faire un rapport exhaustif. Je ne dirai donc que ce que j’ai observé et les conclusions que je peux en tirer.

Sur le fond, aucun problème : tout le monde a signé la charte de FORMINDEP, même moi en 2006. Les étudiants de l’ANEMF présents (ils sont cinq) ont cependant un regret : s’ils ont obtenu que la charte de l’indépendance soit signée par leurs congénères, elle l’est souvent comme pure formalité : « On l’a signée, maintenant laissez-nous tranquilles ». J’apprends que c’est à la Troupe du Rire qu’il y a le plus d’idées reçues. Voilà bien du travail pour Paul Scheffer qui en est, ou en a été, président. Bon courage !

La plus grande partie de la journée a été consacrée au débat, un débat très intéressant, mais dont j’ai été totalement exclue dès le départ par Paul Scheffer :

« Inutile de me demander la parole. Je ne vous la donnerai pas. D’ailleurs je sais ce que vous allez dire. Inutile d’insister ».

J’ai regretté que le Pr Even ne soit plus là quand cette sommation m’a été faite, mais il est reparti à midi et n’a donc pu en être témoin.

Paul Scheffer a-t-il reçu des ordres ? En tout cas j’admire qu’il sache à l’avance, à moins d’être devin, ce que j’ai l’intention de dire mais je comprends que ma présence déplaît. Donc aussi celle du REVAHB puisque je suis venue le représenter. J’en aurai même une preuve cinglante dès la première heure. L’anecdote est assez plaisante pour que je la raconte : je me trouve par hasard assise auprès d’un interne en psychiatrie qui vient de faire une excellente intervention et, comme j’ai apporté la « Lettre au Conseil Constitutionnel »[iii], je la lui tends. Le peu de pages qu’il feuillette provoque chez lui un réflexe immédiat et pavlovien [iv]: « C’est quoi, ça ? C’est de la pure désinformation ». Il vient en effet de tomber sur la page des photos d’enfants détruits. Il n’a rien voulu voir du reste, mais il a quand même glissé le tout dans sa serviette. Aura-t-il le courage de lire quand il aura retrouvé ses esprits ? Le plus drôle a été la réaction de Paul Scheffer : « Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ? Vous risquiez de mettre ce texte dans le champ de la caméra. Vous savez bien qu’on filme ! N’importe qui pourrait le voir ! » Conclusion à en tirer : cette lettre destinée à rendre visibles des milliers de victimes manque son but : elles doivent toutes rester invisibles. Etonnée d’avoir provoqué une  telle panique, je suis allée, pendant la pause qui a suivi, demander ce qu’il en était à l’opératrice. Elle a été très surprise. Elle n’avait rien enregistré du tout. Ouf !

N’ayant plus rien à faire d’autre, j’ai écouté. Comme je l’avais fait en 2006 quand on avait déjà exigé que je me taise. Il a été question des conflits d’intérêts au sein de l’AFSSAPS où rares étaient ceux qui n’en avaient pas, de ceux de l’Ordre, des visiteurs médicaux, du financement des congrès et de certaines associations de patients par Big Pharma. Nous applaudissons tous. Heureusement le serment d’Hippocrate est là pour servir de garde-fou. Puis on déplore qu’il y ait si peu de déclarations à la pharmacovigilance. Ah bon ? Voilà qui m’intéresse, mais je n’ai pas le droit d’évoquer un rapport bénéfice/risque établi sur des chiffres hypothétiques qui ne rendent pas compte de la réalité. On fera aussi une très intéressante définition des « liens d’intérêts » en insistant pour dire qu’ils ne sont bel et bien rien d’autre que  des « conflits d’intérêts ». Ah bon ? Alors au CTV, le Pr Floret qui s’est toujours abrité derrière la notion de « liens », il avait donc des « conflits » ? Quand celui qui vient d’intervenir passe devant moi pour se rasseoir, je le lui suggère dans un souffle. Réponse : « les vaccins, ça ne m’intéresse pas ». Un autre parle du mensonge par omission ou action. Voilà qui m’intéresse aussi, mais motus ! On rapporte ce propos d’un visiteur médical :

« Je ne vais quand même pas confier ma vie à des médecins à qui je raconte des bobards ».

Le même intervenant, le professeur  M.C, évoque ses fonctions à l’AFSSAPS et des cassettes qu’on lui a demandé de faire disparaître. Que contenaient-elles donc ?

La pause de midi est alors intervenue, moment précieux où je retrouve ma liberté et peux rencontrer tel ou tel dont je ne dirai pas les noms car consentir à me parler n’est pas bien vu. Certains ou certaines viendront cependant me trouver pour comprendre pourquoi je n’ai pas le droit de parler. Je ne me fais toutefois aucune illusion mais je me dis que peut-être l’assistance venue à cette journée n’est pas tout à fait monolithique, encore que j’en doute un peu à les avoir vus tous s’esclaffer quand est apparue sur l’écran une image de la firme Boiron. Elle n’avait pas été mise là innocemment mais pour déplorer que Boiron finance les apprentissages à Lyon Sud et pour se moquer de ces médecines alternatives incapables de faire ce que fait l’evidence-based medicine, la seule aux yeux de Prescrire en mesure de prouver son efficacité.  Et pourtant qu’ai-je entendu ?  Qu’on ne comprenait pas tout, qu’on procédait parfois par empirisme, que pour au moins le paracétamol, on ne savait pas comment ça marchait. Les vaccins et autres médicaments, est-ce qu’on sait toujours ?

J’apprends incidemment dans l’après-midi que Prescrire va sortir une étude sur les vaccins. Le mot « vaccin » a-t-il été alors prononcé publiquement ? Je n’en ai pas le souvenir. Sur quoi portera cette étude ? Quelle place fera-t-elle aux accidents ? Continuera-t-on à admettre comme normal qu’on sacrifie des individus pour en sauver d’autres ? Et à partir de quel chiffre considérera-t-on que cela pourrait être criminel ? Quelle exception peut-on faire, sans le trahir,  au serment d’Hippocrate ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Lourdes questions éthiques qui ne sont pas posées, mais auxquelles je pense in petto pendant qu’autour de moi des internes venus d’Alsace proposent qu’on introduise les études humaines dans le cursus médical comme cela se fait déjà à Strasbourg, ce qui serait autrement plus formateur que les QCM pratiqués partout. Apprendre l’esprit critique ! Apprendre à se méfier des idées reçues ! Apprendre à juger par soi-même ! Apprendre la liberté !

En somme, j’avais quasiment tout pour être satisfaite de ce que j’avais entendu, sauf justement ce que j’ai constaté : en 12 ans, depuis 2006, ils en sont toujours au même point. On peut très librement parler des médicaments. Celle qui a été la plus ovationnée a été Irène Frachon. L’affaire du Médiator est la gloire de Prescrire, et à juste titre. Mais le 2 poids 2 mesures reste intact : les victimes du Médiator et celles des médicaments méritent qu’on s’intéressent à elles. Celles des vaccins n’ont aucun intérêt. Il faut même les cacher. D’ailleurs, comme me l’a dit un jour Jean-Yves Nau, elles n’existent pas puisqu’elles sont incapables de prouver qu’elles le sont. C’est exactement ce que nous disent les laboratoires et leurs avocats, et c’est désolant de voir Prescrire et Formindep leur faire écho. Il aurait déjà largement suffi de cette pilule d’or donnée au premier vaccin hépatite B en 1981 et qui a ouvert un boulevard à ses fabricants. Mais le dire, impossible ! Le déni, qui coûte si cher aux victimes, c’est tellement plus rassurant…

Je ne sais ce qu’aura finalement pensé de cette journée le jeune étudiant en master de Science Po à Rennes qui avait contacté le REVAHB  pour s’informer en vue de son mémoire Sur les politiques de santé notamment en rapport  avec la loi sur l’extension de l’obligation vaccinale et les mobilisations pour la liberté vaccinale. Je lui avais proposé de venir à cette journée et j’ai averti de sa présence les responsables de l’accueil qui n’y ont vu aucun inconvénient. Il n’avait aucune idée préconçue. Il est venu comme Candide au pays des Bulgares et des Abares… Une chose est sûre : il aura constaté de visu qu’on n’hésite pas à interdire la parole et il sera en droit de se demander pourquoi on appelle « débat » un exercice qui ne l’est pas. Il a déjà en effet certainement participé à suffisamment de débats pour savoir qu’un débat, ça ne peut pas exister sans au moins des divergences, voire des contradictions. Or tous, tout au long de la journée, étaient d’accord sur tout. En tout cas au moins en apparence. C’était comme un orchestre sans aucune fausse note dont le chef était Paul Scheffer. Enfin, s’il était venu s’informer  sur l’extension de l’obligation vaccinale et les mobilisations pour la liberté vaccinale, il a été servi ! J’avoue n’avoir pas imaginé  un instant – lui non plus sans doute – que, dans la situation actuelle, personne ne s’interrogerait sur l’indépendance des apprentissages en matière de vaccination. C’est la question que j’aurais posée si j’avais pu le faire et Paul Scheffer n’aurait pas pu me m’objecter que ce n’était pas à l’ordre du jour puisque la journée était précisément consacrée à l’indépendance des apprentissages.

Dans le train qui m’a ramenée dans ma patrie grenobloise où la fac de médecine figurait l’an passé bonne dernière de la liste dans le classement relatif à l’indépendance [v] (où en est-elle depuis, je n’en sais rien puisqu’aucune information ne nous a été donnée pour cette année, la décision ayant été prise de reporter la publication du second classement à janvier 2019 pour mesurer les actions entreprises suite à la publication de la charte), j’ai relu l’article qui nous a été distribué à notre arrivée le matin. Il s’agit de l’article que Philippe Foucras a publié dans la revue canadienne « Ethique publique » en 2006, justement l’année où il m’avait si chaleureusement accueillie à FORMINDEP avant de me virer. J’ai admiré son discours. C’est bien pourquoi j’avais alors rallié FORMINDEP. Hélas, à FORMINDEP, il n’y a qu’une ligne. Sorti de cette ligne, vous êtes hérétique. Elle consiste surtout à ne jamais mettre en cause un vaccin, quoi qu’il arrive. J’avoue que mon exclusion [vi] m’avait secouée car je ne m’y attendais vraiment pas de la part de médecins que j’admirais… C’est ce qui m’a conduite à publier mon Hippocrate dont ils n’ont rien à faire puisqu’ils n’entendent pas. Qu’importe ? Depuis j’ai rencontré beaucoup de sympathie ailleurs, y compris auprès d’un nombre non négligeable de médecins. Il paraîtrait que certains subissent le même sort que moi. D’autres s’en vont d’eux-mêmes. C’est bien dommage que nous divisions nos forces devant un adversaire qui, lui, sait faire cause commune. A Philippe Foucras, je veux dire que je ne lui en veux pas mais que dans l’article que j’ai lu dans le train et qui est très beau, j’aurais voulu trouver les mots ‘empathie’, ‘tolérance’ et ‘bienveillance’.

En tout cas, la preuve est faite s’il était besoin de la faire : les victimes de vaccins n’ont rien à attendre ni de Prescrire ni de Formindep. Elles doivent subir et se taire.

Lucienne Foucras, 6 avril 2018

 NDLR: FORMINDEP et Prescrire représentaient précédemment pour tous un gage d’indépendance réconfortant dans ce monde sous influence industrielle. L’AIMSIB s’avoue très déçue de tant d’ostracisme affiché sans complexe de leurs parts à l’encontre de nos membres en particulier et de nos thèmes de prédilection en général.
Nous effaçons donc ce jour avec regret, pour une courte période nous l’espérons, le site FORMINDEP du groupe de nos liens amis.

 

[i]  Titre : Quelle formation à l’indépendance est-elle possible pour les étudiants en médecine, par rapport à l’influence de l’industrie pharmaceutique ?
[ii] Il a été largement aussi ovationné qu’Irène Frachon, ce qui est très rassurant pour son avenir.
[iii] Il s’agit de la Lettre également envoyée aux parlementaires pour protester contre les 11 vaccins obligatoires. Le REVAHB y a largement participé. Rien que pour la vaccination Hépatite B, elle recense 294 victimes pour seulement 13 départements. Il y en a 101, sans compter les 5 départements d’Outre-mer. Il faudrait 8 pages de plus à cette Lettre pour tout couvrir. La lettre contient aussi des témoignages précis et des photos d’enfants victimes de divers vaccins.
[iv]  Le même que celui qui m’a valu exclusion de FORMINDEP en 2006 quand je me suis permis de dire que je connaissais des victimes du vaccin hépatite B. Je raconte cet épisode dans mon « Hippocrate, si tu savais », édité en 2009, mais à l’époque j’ai tout fait pour qu’on ne sache pas où ça s’était passé ni qui était là. Je ne voulais surtout pas nuire à une association dont j’admirais les objectifs. Aujourd‘hui, 12 ans après, je n’ai plus ce scrupule puisque ces objectifs ne sont pas respectés dès lors qu’il s’agit des vaccins.
[v] Voir pièce jointe
[vi] J’ai été exclue sans ménagements. FORMINDEP a pourtant des statuts qui exigent qu’on ne peut exclure un membre en règle de ses cotisations qu’après l’avoir convoqué par lettre recommandée et interrogé. Je n’ai pas eu droit à cette règle. Sans doute n’en valais-je pas la peine…

La rédaction de l'AIMSIB

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