Voici une rencontre émouvante comme on les aime à l’AIMSIB; Par le biais du Web nous avons croisé la trajectoire de vie du Docteur Aziz Djalane, médecin exerçant à la Direction Générale de la Sécurité Nationale d’ Alger. La rhétorique lénifiante sur les statines qui sauvent le monde, lui aussi l’a reçue pendant des années. Et puis un jour… En médecin très honnête non seulement Aziz s’avoue fautif mais de surcroit entamera une croisade rédemptrice de grande envergure sur le Web (1)(2). Décidément les Hommes courageux ne connaissent pas les frontières…

 

Depuis une vingtaine d’années déjà que les Statines sont sur le marché du médicament, le sujet est sensé être totalement épuisé, et les conclusions définitivement acceptées, telle une résolution unanime à en juger par le nombre d’études publiées l’ayant déjà abordé et par le nombre hallucinant de prescriptions délivrées de par le monde. Cholestérol et Statines semblent êtres indissociables à jamais !

Toute la médecine et tous ses adeptes ne doivent s’employer que pour réduire au plus bas ce Cholestérol, quitte à l’éradiquer de la circulation plasmatique. Pour cela, un seul moyen, les Statines. Car finalement, la notion de taux élevé de cholestérol était continuellement revue à la baisse. A croire qu’on ne parle pas du même cholestérol, indispensable à toute forme de vie cellulaire.

Pourtant ,non sans controverse, il est de toute évidence toujours sujet à des débats experts ,et sources d’interrogations profondes, même si elles restent souvent inaudibles à l’oreille distraite, et même si le divorce n’est pas du tout à l’ordre du jour…du moins pas encore .

Pour avoir été initialement un prescripteur convaincu et un consommateur assidu de Statines, de ‘’TAHOR’’ particulièrement, d’abord dans une visée thérapeutique pour réduire ‘’mon hypercholestérolémie’’, par extension ensuite dans une visée préventive contre le risque cardio-vasculaire, il était primordial dans cette présente démarche que je prenne entièrement conscience de ce que mon objectivité légitimement soupçonnée d’être contaminée par un passif aussi riche ne puisse souffrir d’aucun compromis…

Cependant, la confrontation violente entre le vécu du patient que j’étais et le savoir supposé scientifique du médecin que je fus était révélatrice de tellement de contradictions et de superpositions, et dont la gestion avait nécessité un tout autre apprentissage, dans un tout autre langage, celui des faits. C’est alors que désapprendre devenait impératif. C’est dire que d’avoir le même vocabulaire ne suppose pas forcement d’avoir le même langage. Le Cholestérol en est le meilleur exemple, il pouvait être l’ennemi public numéro 1 de tout les temps, ce qui s’avère être totalement erroné, mais aussi l’ingrédient indispensable à toute forme de vie cellulaire. Soit, la nuance est de taille…

C’est alors que désapprendre devenait impératif.

Peu importe combien de preuves scientifiques j’ai pu rassembler prouvant l’extrême contraire de ce que je savais, de ce que je pensais savoir, le même réflexe restait pourtant toujours là, tenace et imperturbable. Des habitudes de vingt-trente ans d’âge ne pouvaient être remplacées du jour au lendemain. Me découvrir si résistant à toute réévaluation, si peu disposé à toute remise en question en la matière, était la preuve d’un enseignement ‘’réussi’’, parfait, qui avait pour vocation d’être sacré et durable. Telle une loi divine ou morale, tenter d’interpréter cette hypothétique théorie du Cholestérol c’était déjà l’enfreindre. Mais, celui qui cherche a déjà trouvé….

Aussi, avec toutes ces informations apparemment à portée de main de tous, on ne peut que se demander pourquoi y t-il a une aussi large acceptation, une quasi-unanime résignation face à de telles contradictions. Nous priver de toutes ces ressources scientifiques sous prétexte qu’elles soient justement scientifiques, qu’elles soient écrites avec de grands mots, ne peut être que l’expression d’une déprime intellectuelle sans égal.

Je suis loin de pouvoir oublier à quel point fut grande mon incompétence médicale envers mes patients et envers moi-même. A quel point fut impardonnable mon ignorance, mon arrogance, et mon entêtement. Un abus de confiance aussi odieux, aussi sévèrement blâmé, ne pouvait se perpétuer. S’auto justifier semblait être prévisible, chez ce médecin-malade doublement manipulé, qui a choisi de se prendre en charge, en usant d’une médecine toute aussi malade que lui, promettant tout ce qu’elle n’avait pas. En usant d’une Statine qui n’a pas plus d’efficacité qu’un placebo. L’avouer constitue un aboutissement certes, mais bien tardif, et au prix de cicatrices bien visibles.

De voir un jour la médecine prendre sa revanche sur l’ignorance, sur la maladie, et sur le marketing, cet art illusoire et dangereux, triomphant d’elle a tout les coups jusque-ici, n’est alors que le fantasme d’un écrivain tellement frustré par ses contraintes rédactionnelles, qui peine à jargonner sans se préoccuper du sens des mots. Le fantasme d’un malade désabusé par l’incompétence de ceux à qui il s’est livré. Le fantasme d’un médecin trompé, d’avoir l’attention si longtemps détournée de la compréhension véritable de l’essentiel.

L’heure est sombre, aussi sombre que celle qui précède l’aurore.

 

 

(1) https://www.facebook.com/Dr.Aziz.Djalane/
(2) https://www.facebook.com/groups/289865557804647/

La rédaction de l'AIMSIB

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